Les Régions, ces « pôles de stabilité »…
La présentation des vœux à Régions de France a fourni l’occasion aux élus régionaux de rappeler leur rôle dans la bonne marche de la France… et leur souhait de voir ce rôle augmenter

Est-ce un intérêt subit du gouvernement pour le fait régional ? Ou l’effet de l’instabilité ministérielle toujours dans l’air du temps ? Toujours est-il qu’on n’avait pas vu depuis longtemps autant de ministres lors de la présentation des vœux de Régions de France au siège de l’association. Pas moins de quatre d’entre eux avaient fait le déplacement : Françoise Gatel (Décentralisation), Philippe Tabarot (Transports), Sébastien Martin (Industrie) et Michel Fournier (Ruralité) !
L’occasion pour Carole Delga, présidente de l’association et de l’Occitanie, de rappeler à quel point, au cœur de la tourmente que nous vivons, les Régions jouent « un rôle essentiel de cohésion républicaine, de lien entre les gens, de services rendus à la population », à commencer par leur attachement permanent « à nos infrastructures de transports : un pays n’est puissant que si les populations s’y rencontrent ».
Filant la métaphore rugbystique, elle a rappelé que les Régions formaient un « pack solide, au service d’un idéal démocratique mais aussi de la croissance durable. Nous avons pris notre juste part à l’effort de redressement des comptes publics. Nous ne vouons pas de compétition entre les territoires, mais nous ne voulons pas non plus lasser filer les comptes publics au risque de voir monter les populismes ».
Mais elle a aussi réaffirmé la volonté des Régions d’aller « plus loin dans la décentralisation, plus loin dans l’autonomie », attendant donc beaucoup du nouvel acte de décentralisation annoncé par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Même son de cloche chez le président délégué de Régions de France, et président de la Région Sud Renaud Muselier, affirmant avec vigueur à quel point les Régions constituent « un pôle de stabilité : nous n’avons pas d’échéance électorale avant 2028. » Et de poursuivre : « on ne se plaint pas, ça ne vaut pas dire qu’on est contents ! » Mais aussi : « on n’est pas riches, mais on sait compter… On consomme de manière très efficace les fonds européens, et on veut aller plus loin dans la décentralisation ».
Prochain rendez-vous le 2 avril au Sénat, où l’on célébrera (en grande pompe ?) les dix ans de la création des grandes Régions.