
Commentaire de l’UDB Pays de Morlaix et des Monts d’Arrée en réaction à l’éditorial de Paul Molac dans Le Télégramme du 23 mai 2026 :**
L’UDB Pays de Morlaix et des Monts d’Arrée salue les mots justes et courageux de Paul Molac dans Le Télégramme de ce jour.
Nous partageons pleinement son constat : derrière le vernis de l’universalisme républicain brandi par le constitutionnaliste Benjamin Morel se cache un jacobinisme d’État qui ne dit pas son nom. Cet universalisme-là n’est pas celui de l’égale dignité des peuples ; c’est celui d’une élite parisienne qui confond la France avec son centre et ses grandes écoles. Prétendre que le futur statut de la Corse qui sera examiné en juin par l Assemblée Nationale ou que défendre le breton, l’occitan ou l’alsacien relèverait d’un « ethno-régionalisme » suspect, voir separatiste, c’est retourner l’histoire contre ceux qu’elle a dominés.
La République n’a pas uniformisé la France par souci d’égalité, elle l’a fait par souci de contrôle. Benjamin Morel théorise cette domination en la parant des habits nobles de la Constitution, mais la Constitution n’est pas la nation, et la nation n’est pas Paris. Ce que Molac nomme, et que nous vivons ici depuis des générations, c’est la confiscation du récit national par une métropole qui décide seule de ce qui est légitime. L’universalisme jacobin n’abolit pas les inégalités culturelles : il les invisibilise pour mieux les pérenniser. En Pays de Morlaix et des Monts d’Arrée, nous savons ce que coûte cette invisibilisation — en langues perdues, en identités niées, en territoires relégués. Il est temps que la République tienne enfin la promesse qu’elle n’a jamais faite aux peuples qu’elle a absorbés.