Les élus locaux veulent une nouvelle décentralisation

 Pour François Baroin, le président de l’Association des maires de France (AMF), « le grand acquis de ce gouvernement, c’est la naissance de Territoires unis », l’alliance proclamée le 26 septembre 2018 à Marseille entre l’AMF, l’Assemblée des départements de France (ADF) et Régions de France. C’est dire si les présidents des trois associations historiques d’élus locaux, qui, pour la première fois, présentaient ensemble leurs vœux, lundi 21 janvier, sous l’égide du président du Sénat, Gérard Larcher, ont le vent en poupe, convaincus que le mouvement des « gilets jaunes » ne fait que confirmer les prophéties et les mises en garde dont ils n’ont pas été avares depuis l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République.

« La verticalité de l’Etat est une des causes principales de ce que nous vivons », a estimé Dominique Bussereau, le président de l’ADF, tandis qu’Hervé Morin, président de Régions de France, déplorait que ce soit « dans des bureaux à Paris que se décide l’avenir de la France ». M. Baroin dénonçait « une recentralisation hors du temps, qui nous ramène à avant 1982 [les lois Defferre de décentralisation] ». M. Larcher n’était pas en reste : pour lui, « le style de gouvernance de M. Macron a été l’accélérateur de l’éruption de la France d’à côté ». A croire que ces quatre-là n’ont pas occupé de – nombreuses – fonctions exécutives au cours des dernières décennies.

« Autonomie financière et fiscale »

A la suite de multiples contentieux entre le gouvernement et les représentants des collectivités territoriales, Territoires unis s’est créé sur l’idée fondamentale du refus de la « recentralisation » mise en œuvre, selon eux, par la nouvelle majorité. Forts de l’affaiblissement de l’exécutif, ils enfoncent le clou, parés d’un redoutable syllogisme : « Vous n’en seriez pas là si vous nous aviez écoutés ; si vous voulez vous en sortir, vous devez nous écouter. » Avec, à la clé, une revendication centrale : un nouvel acte de décentralisation.

« Le gouvernement va devoir changer de méthode. L’enjeu est de faire vivre une réelle nouvelle étape de décentralisation. Ne faudrait-il pas d’abord faire le serment de la confiance avec les élus des territoires ? », plaide le président du Sénat, qui soupçonne par avance l’exécutif d’« avoir la tentation de jouer les uns contre les autres ». M. Bussereau a annoncé que Territoires unis allait présenter « une proposition commune pour une nouvelle phase de décentralisation, qui est certainement une des manières de répondre à cette crise que nous vivons ».( INFO / LE MONDE )

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